Les destins croisés et les vents contraires

Le bonheur se trouvait juste à un jet de pierre,

Le temps qui cicatrisait les blessures

Et atténuait les chagrins

Nous légua ses peines,

En installant entre nous la guerre du silence.

Te souviens tu ?

C'était en avril 197…

Année de la croisée de nos destins,

Année sui nous mena à la croisée des chemins.

Tu pris le chemin du trop tard.

Il n'a donné aucune chance à l'espoir.

Bien des puits et des sources ont tari depuis ;

Et voilà que nos routes se croisent de nouveau.

Sur le même lieu d'antan.

Les vents contraires t'ont marquée de leur empreinte

Ils ont chanté l'élégie de notre pauvre vie.

Comme toi je ne peux pousser la moindre plainte,

Et chantent encore la guerre du silence par le temps déclaré.

Notre cher bonheur n'est plus qu'illusions,

Il se trouve encore dans la salle des pas perdus.

Le cœur demande encore secours à l'âme qu'il n'obtiendra jamais.

Comme toi j'ai vu le passé devant moi,

Comme moi tu as vu notre avenir derrière toi.

Sur le chemin du trop tard nous nous sommes égarés,

Sur lui je vais vers ce que tu n'as pas eu,

Vers ce que je n'ai jamais eu.

Les anges en plâtre ne connaissent pas nos sentiments,

Et les anges créés par Dieu ne connaissent pas la passion

Et encore moins la compassion.

Les amours mortes ne se rencontrent que dans la douleur

Le temps qui passe n'entend point les cris du cœur,

Et sur les traces de nos pas nous marchons encore.

Tu ne sais ce que cache la lumière.

Je ne sais ce qui m'attend au bout de la nuit.

Comme toi j'espère en la rencontre des âmes

Mais nous ne vivons que le présent.

Une poitrine vide d'amour est un corps mort.

Il ne sait diriger ses pas.

En toi habite encore l'amour,

Et en moi le verbe aimer.

Le désert pleure sa solitude,

Et quand tombe le soir,

Le souvenir prend la fraîcheur de la nuit.

Le saule pleureur n'est plus.

Pour réchauffer son corps un bûcheron l'a abattu,

Autour de ce lieu poussent encore les belles fleurs ;

Celles qui sont encore vivantes dans le cœur.

 

(de Mohamed BENOUIS)



Article ajouté le 2008-08-21 , consulté 69 fois

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