Le jour et la nuit
Le jour a perdu son paradis
Et la nuit ne le sait pas encore.
Au fond du cœur le rêve s’endort ;
Il n’a pas encore vu sa tragédie.
Sous le regard des murs en ruine
Et des cyprès à triste mine,
Sous le regard du jour avec sa triste peine,
Nous voyons encore ce qui fut merveilleux
Sous le regard d’un ciel malheureux.
En ces endroits habitent encore les avenirs passés
Pour qui le Tribunal du Verbe s’est prononcé.
Chose jugé les a condamné à l’oubli,
Et l’épitaphe reste seule contre cet oubli.
L’amour du jour et de la nuit est bien éphémère,
Et ce bref lui donne un goût amer.
Pauvres amours perdus !
A votre naissance surgissait déjà votre passé.
Avant le combat vous étiez déjà vaincus.
Le verdict a été ainsi prononcé.
L’aurore revendique son jour
Et le crépuscule sa nuit
A midi il était déjà minuit,
Et pour le jour s’en va le jour.
Dans son désert la nature nous ment par ses mirages,
Trop souvent la vie les encourage ;
Nous croyons voler sur un petit nuage
Et de nous s’éloignent les beaux rivages.
Ö lots d’un jour sombre devenu noir !
Que sont dons devenus vos espoirs.
(de Mohamed BENOUIS)

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