A ma Noble Amie d’Enfance
Te voilà passée de l’enfance et tu es devenue femme.
Dans ce passé lointain je revois encore deux enfants.
Devant les pauvres murs de ce qui fut le cœur s’enflamme.
Ici jadis naquit un enfant.
Dans cette ferme la pendule du temps vient de s’arrêter
Déjà la nuit vient de perdre son obscurité
Et les points cardinaux désorientés,
Regardent avec moi ce tragique lieu par sa mélancolie.
Ici tous les rêves ont pris le chemin de l’oubli.
Ici l’irréel et le néant des jours ont entamé leur danse.
Ils n’ont laissé place qu’au silence.
Le jour cherche ses bruits,
Et pourchassé le temps s’est enfui.
L’étoile se moque de l’obscurité.
Jadis amis nous avons été.
Un orchestre joue une valse aux morts,
Et les ombres de l’ombre applaudissent et disent encore.
Le chef d’orchestre souhaite un bémol ;
Mais pour les musiciens c’est une entreprise bien folle.
L’hiver a épousé l’été,
Jadis amis nous avons été.
T’en souviens m’amie ?
Te souviens tu de la chanson des amis
Qui pour toujours sont partis
Sans le droit de prendre parti.
Oh ! C’était juste hier,
Enfin, mon hier
De quarante six ans
Où privé de ton aura et sa lumière,
J’entendais nos voix chantantes.
Les unes sont encore vivantes
Tandis que d’autres se sont tues à jamais.
En toi demeure encore le verbe aimer,
Mon amour pour toi est celui de mourir d’aimer.
Il n’est pas un simple mot,
Il est la source de toutes mes douleurs et mes maux.
Il conjugue « le pourtant »
Et fait fuir le temps.
Je suis retourné à Ain-Tellout
Où se séparèrent nos routes.
Et quand j’entends ces voix sans corps ni âmes,
Je vois ton vécu et tous tes drames.
A mon secours viennent les souvenirs
Je sais qu’ils ne sont que des mirages.
Je sais aussi qu’ils partent avec notre avenir
A la vitesse des forts vents porteurs de nuages.
Sur cette terre je ne vois que ton visage
Et quand le ciel prend ombrage
Le cœur dit : attends ton ange
Avec lui tu feras le plus beau voyage.
Ainsi m’amie l’avenir frappa à ma porte
Je l’ai suivi et avec lui m’en suis allé.
J’ai vu la noble morte,
Elle gît là où nos ami(e) s sont allés.
Un autre avenir est resté sur le pas de ma porte,
Mais vers lui je ne suis pas retourné.
Il a emporté les amours mortes,
Il les a emportées vers la maison où tu es né
Après quarante six ans viendra peut être mon ange.
Avec moi nous ferons le voyage tant promis
Et chantant la chanson des amis,
Nous irons vers
Ô Rosie !
Au nom de ce qui fait l’amour je t’aimerai,
Au-delà de la mort je t’adorerai
Au nom de ce qui n’a pas été crié je te chérirai.
(Mohamed BENOUIS)
(1) Une société Emirati (Emirats Arabes Unis vient de débloquer 25 milliards de dollars pour la construction d’une ville nouvelle au bord de

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