A ma mère
Je souhaite que tu ne partes jamais,
Et voilà que de temps à autre ;
Derrière cette porte ou cette fenêtre,
Je vois l'ennemie guettant ta silhouette
Chérie, adorée et tant aimée.
Comme tu sais
Que comme un jour déguisé en nuit
Elle viendra t'emporter
Me laissant gravement blessé
Et par la douleur je serai porté
Vers les jours transformés en nuit.
Quand viendra ce jour avec son noir dessein
Je boirai le venin de ses seins
Qui m'empêchera de voir se réaliser ce dessein.
Je sais que ce pauvre corps
Plie sous quarante cinq hivers.
Je sais qu'il ne supportera pas un autre triste hiver
Tu me souris et je sais
Qu'en cachette tu pleures.
Je te souris et tu sais
Que comme toi en cachette je te pleure.
Quand ton regard se pose sur moi
Je revois les maisons sans toit (1)
Et ce que serait la vie sans toit.
Quand la mort viendra et que je ne serai que douleur,
Quand mon regard ne reconnaîtra plus les couleurs,
J'irai me réfugier au fond de ma douleur.
Quand viendra ce jour sombre
Et que pliant sous le poids de son ombre,
Je serai l'ombre des ombres.
Quand de toi elle s'approchera,
Quand pour toi la lumière s'éteindra
Je chercherai sans la trouver la lumière de ton aura.
Quand viendra le grand jamais
Et qu'il n'y aura plus de mai,
Tu seras le verbe aimer.
Quand la raison vacillera,
Quand ton regard s'éteindra,
Me restera encore ton aura.
Quand au levant ton soleil n'apparaîtra pas
Et que le temps perdra ses pas,
Je retournerai sur les traces de mes pas.
Quand au couchant l'horizon pétrifié prendra couleur de sang
Et que la lune entamera son décroissant,
J'apprendrai sans l'aimer à vivre avec sans…
(de Mohamed BENOUIS)
(1) le toit ou le rideau représente le père dans le monde arabe

Commentaires
Paulette CAZORLA le 20/09/2008 à 12:42:38Mohamed.
C'est un magnifique hommage que tu rends à ta Maman.
Elle a de quoi etre fière de toi.
Amitiés