Au-delà des crépuscules

 

Regardant le vide

Sur cette chaise vide

Tu me demandes de remplir ce vide,

Le vide de cette maison vide et de ses vides.

Je te demande ce que je dois faire

Et tu me réponds « je crois qu’il n’y a plus rien à faire. »

 

De nouveau je t’interroge par un regard

Et tu me dis de laisser dans le sang circuler le venin du dard

Non planté par le hasard ;

Mais par les aléas rendant triste tout regard.

 

Tu reposes là où aucun vivant ne peut voir

Ce que désormais tu es  seule à voir.

Tombe solitaire ne craint point sa solitude ;

Mais sans toi chaque jour voit naître les incertitudes.

 

Ensemble nous avons vu se précipiter la vitesse et son temps.

Nous ne savions pas que c’était la loi de l’ère du temps.

Nous ne savions pas qu’un jour viendra le pourtant.

Nous ne savions pas que dans son éther disparaît le temps.

 

Je te demande secours

Sachant que tu ne peux venir,

Je te demande l’offrir d’un jour

Et je sais que tu ne peux revenir.

 

En se précipitant le temps nous entraîne dans sa chute.

Contre le hasard l’homme peine et lutte ;

Mais dans l’abîme jamais hasardeux

Tombent les « nous deux »

Ensemble nous avons perdu la lutte.

 

Oui comme tu le vois,

Le cœur n’arrive pas à trouver sa voie.

Cherchant son bonheur il ne le trouvera jamais sans toi.

Il sait que la vie n’est rien sans toi.

Le silence envahissant le bruit habite notre maison,

La douleur du cœur cherche une raison,

Qui loin derrière les lointains horizons

Est à l’écoute de la funèbre oraison.

 

Je te revois encore vivante,

Toujours vive et si charmante,

Tendant mes bras vers toi je chante

Et demande « qu’être » pour toi ne soit pas encore méchante.

 

De moi- même j’alimente le souvenir et ses flammes.

Telle la bougie j’étreins ma flamme

Par la lumière de la douleur j’éclaire ton amour et mon drame.

Il n’a pas vu que là haut comme ici bas se tissait sa trame.

 

Quand tu partis en voyage,

Le ciel était serein et sans nuages.

Je ne voulais pas croire au long voyage ;

Excuse moi je n’ai vu ni signe ni présage.

 

Ils étaient déguisés sous le masque de la lumière,

Ils se dirigeaient vers toi avec une allure meurtrière,

Et de moi ils n’acceptèrent aucune de mes prières.

 

Je ne t’ai point oubliée et suis toujours le même

Et face au terrible seul face à soi même

Je revois ce temps où nous apprenions à être nous-mêmes.

Tu es partie emportant avec toi mon je t’aime.

 

(de Mohamed Benouis)



Article ajouté le 2008-09-30 , consulté 76 fois

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