Les soleils du soir…

Ainsi la vie nous légua ses amours

Et leurs chagrins et leurs peines.

Par pitié pour le cœur

Et le soulager de ses douleurs

Elle déposa la souffrance « Rue du Partir »

Et le bonheur Avenue Revenir.

 

Nous accompagnons la nuit pour voir l’aurore

Et elle nous accompagne pour ne pas la voir.

Nous nous rencontrâmes Avenue d’Avenir

Et nous séparâmes Rue du Partir.

 

C’était au temps où le mal franchit notre seuil

Et où voyant son matin habillé en deuil

Le jour se transforma lui-même en deuil

Nous laissant devant un terrible seuil.

Nous ne pouvions ni reculer ni le franchir,

Et c’est en ce moment que s’éleva le terrible cri du silence

Qui nous privant d’eau nous nous donna le sein venimeux de ses silences.

 

C’est ainsi que pour se leva le jour

Où je revois encore le silence envahir le bruit.

S’attaquant à nos joies et ses bruits,

Dans la soie noire il enveloppa l’amour.

 

Dans le brasier de la mémoire

Brûle le souvenir des jours heureux.

Mais quand s’éveillent les jours malheureux

Le jour se transforme en nuit noire.

 

Les fleurs se fanent sur les tombes

Et écoutent les bonheurs enfouis dans ces tombes.

Comme nous deux  elles attendent le lever du jour ;

Mais fanées elles ne verront jamais la joie et son amour.

 

Regarde ! Le jour est encore enveloppé de soie noire.

Les femmes et les hommes rejoignent la fosse profonde.

Dans les cœurs s’implante  la douleur profonde.

Chaque être voit sa Reine ou son Roi du monde.

Sous terre ils gisent dans la terre profonde.

 

Adieu Reines et Rois du monde.

Adieu allégresse

Et bonjour tristesse.

L’être aimé est parti.

Il est parti et nous l’avons perdu.

L’être que nous aimons pour toujours est parti.

Les âmes mortes attendent la deuxième tragédie,

Et les amants cherchent leur second paradis…

 

Martyrisé l’espoir s’enfonce dans le néant des jours

Et son bourreau le gronde, son avenir est passé.

A jamais il ne sera plus qu’un passé.

Pour disparaissent  les lumières du jour ;

Mais quand les souvenirs viennent à son secours

Il voit son navire voguer en haute mer

Et qui s’approchant s’enfonce dans les eaux profondes.

 

Souviens toi de ce passé déjà si lointain.

Le temps rendait tristes nos matins.

Tu es venue me dire plus jamais de douleur.

C’était au temps où au printemps appartenaient  nos fleurs.

Nous n’avions plus peur du ciel et de ses orages.

Pour nous n’existaient plus d’ombrages.

Je vivais dans ton cœur

Et tu étais pelotonnée dans le mien.

Tu étais mienne

Et je veux que cette voix te parvienne,

Je suis encore le tien…

 

Mes pensées vont vers celles et ceux qui  partis

Ne sont plus jamais revenus.

Elles vont aussi vers ceux qui ne marchent plus dans les avenues.

Elles vont vers ceux qui revenus sont repartis.

 

Ce qui a été ne sera jamais plus.

Dans le désert qui m’habite tu vis encore.

Dans son désespoir le cœur a lancé son défi à la mort.

Son fantôme a disparu et n’existe plus.

 

C’est dans ce désert qu’échoua notre navire,

Après la traversée de la mer

Vient celle du désert,

Après le chemin des peines

Commencent les blessures du cœur ;

Puis nous engageons le premier pas,

Le pas dans l’aller sans retour.

Sur les âmes planent la mort,

Vers les cœurs s’approche le désert

Et vers l’amour le déchirement.

 

Demain au lever du jour,

Je bâtirai pour toi mon pauvre amour

Un rempart entre le crépuscule et le jour.

 

                   …Oui demain et pour toujours.

D’aussi loin que je m’en souvienne,

Cette maison était la tienne.

Elle est le souvenir d’une belle époque

Que seuls les beaux souvenirs évoquent.

Nous avions usé les bancs de l’école tous les deux.

Souviens toi. Chacun voulait sonner la cloche.

Mais un jour sonna le glas des espérances.

De lui nous n’avions rien à attendre.

 

Bondissant entre nous le déchirement quitta son approche

Et l’insensible temps commença le dessin de notre vie par une ébauche.

Tu es de l’autre côté et je suis là à attendre

Qu’un ange sortant de l’ombre

Où des jours et nuits sombres

Vienne me donner la chaleur qui manque au soleil des soirs.

 

Mais notre nuit noire

Est aussi une aurore.

Eclairée de mille petites étoiles

Eclairant notre soie noire,

Elle est comme l’étincelle

Du  pauvre rêve d’un ange mort.

Qui éperdu est laminé par les soleils du soir.

 

(de Mohamed BENOUIS)



Article ajouté le 2008-10-14 , consulté 89 fois

Commentaires


Paulette le 30/10/2008 à 21:42:41
Trés beau poème Mohamed
Martine le 14/10/2008 à 19:15:57
Merci Mohamed pour ce très beau poème. A chaque fois que je lis un poème de notre grand poète, j'ai ma larme aux yeux.

Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Poésie "

Imprimer cet article

Retour aux articles